Un quoi ?, ha, je vais faire durer le suspens, je vais commencer par le début.
Tout a commencé hier, en début d’après-midi, lorsqu’après nous être secoués de notre torpeur grasse-matinale (cet adjectif
devrait exister), nous avons décidé, mon chéri et moi, d’aller faire les courses. Etant absente en fin de semaine dernière pour cause de déplacement professionnel (c’est la classe de dire ça,
non ? de fait mercredi matin j’ai été arrachée de force de mon lit tout douillet, tout comme onze autres élèves de ma promotion, puis expédiée direction Sud-Finistère ; là-bas on
m’a enfermée pendant trois jours dans un hangar froid, rempli de machines bizarres, et j’ai effectué des travaux pratiques industriels pour le compte de mon école), je n’avais pas pu mettre à
profit ma fin de semaine pour faire ces courses (cette phrase était abominablement longue, j’espère que vous en êtes venus à bout).
Ainsi donc hier matin, la situation était critique. Le réfrigérateur, au ventre habituellement rebondi, grinçait de toutes ses
étagères vides à chaque ouverture de la porte. Deux pommes rabougries finissaient de pourrir dans mon panier à fruits. Un paquet de pâtes à demi-entamé aurait encore pu nous assurer un semblant
de repas en dernier recours, mais le tout manquait de viande, de légumes frais, de beaux fruits aux couleurs vives. Plutôt fatiguée de mon déplacement professionnel (j’adore cette expression,
sérieusement, on dirait que je suis déjà ingénieur, que je porte un tailleur gris souris et des talons aiguilles, et que mon sac à main est en cuir véritable) j’ai envisagé un court instant de me
nourrir que de chocolat pendant quelques jours, mais il ne faut pas exagérer, il n’y a pas que le chocolat dans la vie (OUH, comment ai-je pu écrire ça ??).
Et donc, j’ai pris mon amoureux sous un bras et des sacs-cabas sous l’autre (chez moi, on dit « poches », et non pas
« sacs ». On dit aussi « chocolatines », « et bé », « moinsss », et j’en passe), et nous voilà partis gaillardement vers notre supermarché
préféré.
Je vous passe des détails, parce que là je traîne un peu (en même temps je suppose que si vous aviez mieux à faire que de lire
mes bêtises vous ne seriez pas ici, donc pas de soupirs impatients s’il vous plaît).
Petit avancée rapide, nous voici à l’entrée de notre supermarché-chéri, mon T. slalome joyeusement entre les produits placés en
tête de gondole, moi j’exhume du fond de mon sac la liste succincte des courses à faire (succincte parce que j’achète toujours des trucs qui ne sont pas sur la liste, en plus de ceux qui y sont,
le but étant d’en acheter le moins possible) et je fonce vers le fond de l’allée centrale, en repérant déjà les produits de première nécessité estudiantine qui nous font défaut.
Au bout de quelques minutes, alors que j’admirais les chocolats de Noël (ce n’est pas ma faute si je suis tombée PAR HASARD dans
le coin d’exposition des chocolats de Noël), mon T. m’appelle : « Tu as vu ça ?, t’en penses quoi ? ». L’Homme vient de dénicher un autocuiseur (rappelez-vous, nous
sommes étudiants, on fait nos tajines et nos soupes dans une grande casserole, et la cocotte reste pour nous une sorte de Graal intouchable). Prête à lui expliquer
gentiment qu’un autocuiseur c’est super, mais que c’est un peu cher pour nous, je me rapproche, mes yeux effleurent l’étiquette du prix, et alors que mon chéri m’interroge de ses beaux yeux bruns
(je me lâche aujourd’hui, mais c’est vrai qu’il a des beaux yeux), mes mains sont prises d’un tremblement convulsif et je sens le sang cogner de plus en plus fort dans mes tempes. Il a déniché un
AUTOCUISEUR À TRENTE EUROS.
Le premier moment de stupeur et d’émerveillement passé, nous ouvrons le carton afin de vérifier qu’il y a bien un autocuiseur
dedans, et que ce n’est pas un carton attrape-nigaud lesté ; la bête n’est pas de grande marque, mais après un examen poussé il s’avère qu’elle est un véritable autocuiseur, un vrai de
vrai !!!, « made in China », mais apparemment bien solide et digne de confiance.
C’est ainsi que, légèrement euphoriques, nous décidâmes d’acheter ce mignon autocuiseur de 7 litres, puisque rien ne s’opposait à
ce que nous l’adoptassions (j’en fais peut-être un peu trop, avec mon imparfait du subjonctif).
Mon T. a fait une lecture soigneuse des indications d’utilisation, des mises en garde de sécurité, et des conseils de dépannage,
puis nous nous sommes lancés…
Pour inaugurer notre bel autocuiseur tout neuf, nous avons cuisiné à quatre mains un pur délice, un tajine découvert chez Zaari, du blog Cuisine Sans Frontière (n’hésitez
pas à cliquer sur les liens, il y a plein de recettes très appétissantes par là !).
Je retranscris la recette du tajine avec nos modifications.
Tajine de bœuf aux pruneaux
Pour quatre personnes :
*
1 kg de viande de bœuf
*
1 gros oignon haché
*
3 gousses d’ail, pour nous : 1 cuillère à soupe
d’ail déshydraté
*
4 cuillères à soupe d’huile de table
*
4 cuillères à soupe d’huile d’olive
*
1 cuillère à café de sel
*
1 cuillère à café de gingembre
*
1/2 cuillère à café de curcuma, pour nous : 1
cuillère à café de paprika
*
½ cuillère à café de poivre
* 1 peu de colorant alimentaire
*
1 pointe de couteau de safran
*
2 bâtonnets de cannelle
*
1 petite botte de persil, pour nous 2 cuillères à soupe
de persil congelé
*
1 petite botte de coriandre fraîche
*
300 g de pruneaux non dénoyautés
*
1 cuillère à café de cannelle en poudre
*
3 cuillères à soupe de miel
*
1 cuillère à soupe de graines de sésame grillées
Couper la viande en gros morceaux.
Mettre tous les ingrédients dans la cocotte et faire revenir quelques minutes dans l’huile.
Rajouter ensuite environ 1 litre d’eau, puis laisser cuire une trentaine de minutes jusqu’à ce que la sauce
épaississe.
Mettre les pruneaux lavés et égouttés dans une grande casserole.
Y rajouter 5 cuillères à soupe de la sauce du bœuf, le miel et la cannelle en poudre.
Laisser caraméliser.
Servir la viande avec sa sauce, entourée des pruneaux.
Décorer d’une cuillère à soupe de graines de sésame grillées (et de demi-œufs durs, ce que l’on n’a pas eu le temps de
préparer).
Nous avons beaucoup aimé, et j’ai même eu le plaisir d’entendre mon T. dire : « C’est comme la cuisine à la maison ».

Le seul petit bémol serait que la sauce était un peu trop liquide, mais là c’est ma faute, je me suis un peu lâchée sur la quantité d’eau ajoutée. Franchement, pour un premier tajine à
l’autocuiseur, je suis plutôt fière de nous !!
A votre tour